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Avenue Andrássy

  • Place et avenue
  • 4.6
  • Horaires d'ouverture: Ouverte 24h/24
Itinéraire
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Histoire

L'avenue Andrássy fut tracée entre 1872 et 1885 à l'initiative du comte Gyula Andrássy, Premier ministre hongrois — et futur ministre des Affaires étrangères de l'Autriche-Hongrie —, qui voulait doter Budapest d'un grand boulevard capable de rivaliser avec les Champs-Élysées de Paris ou le Ring de Vienne. Une réglementation architecturale stricte façonna ce qui s'y éleva : les palais proches du centre-ville ne pouvaient dépasser trois étages et devaient respecter une corniche uniforme, donnant à l'avenue son aspect harmonieux néo-Renaissance, tandis que le tronçon plus proche du parc municipal se couvrit plutôt de villas indépendantes, construites comme résidences de week-end pour les familles aristocratiques.

L'avenue fut officiellement inaugurée en 1896, dans le cadre des célébrations du millénaire hongrois marquant mille ans depuis l'installation des tribus magyares dans le bassin des Carpates, et elle porte le nom d'Andrássy en reconnaissance du rôle qu'il joua pour faire aboutir le projet. Aujourd'hui, ses 2,3 kilomètres sont protégés au titre du patrimoine mondial de l'UNESCO, appréciés autant pour leur architecture uniforme que pour ce qui circule en dessous.

Le métro du Millénaire

Sous l'avenue Andrássy circule la ligne M1, le premier métro électrique d'Europe continentale et la deuxième plus ancienne ligne de métro au monde après celle de Londres. Construite en seulement 21 mois selon la méthode de la tranchée couverte — les ouvriers creusaient la rue, construisaient le tunnel à seulement deux ou trois mètres sous la surface, puis la repavaient —, elle fut inaugurée le 2 mai 1896, avec l'empereur François-Joseph Ier parmi ses premiers passagers, à bord d'un wagon royal spécialement construit, aujourd'hui conservé au musée du Métro sous la Deák Ferenc tér.

Comme la ligne fut construite en ouvrant l'avenue elle-même plutôt qu'en creusant en profondeur, ses stations se trouvent presque directement sous la rue, décorées des mêmes carreaux Zsolnay blancs et bruns et de la même ferronnerie ornementale que l'architecture de surface. Les petites voitures jaunes, carrées, de la ligne circulent encore aujourd'hui en grande partie sur leur tracé d'origine de 1896, et en 2002, le métro du Millénaire fut inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO aux côtés de l'avenue elle-même, reconnu comme un seul et même ensemble d'ingénierie et d'urbanisme.

Le saviez-vous ?

Au numéro 60 de l'avenue Andrássy se dresse l'une des façades les plus imposantes de l'avenue, et l'une de ses adresses les plus sombres : le bâtiment aujourd'hui connu sous le nom de Maison de la Terreur fut le quartier général du parti fasciste des Croix fléchées durant leur bref et brutal règne en 1944, puis, après la guerre, celui de la police secrète communiste, l'ÁVH, jusqu'en 1956 — deux régimes opposés utilisant les mêmes pièces, et selon certains témoignages les mêmes cellules du sous-sol, pour interroger et torturer leurs opposants.

Le point médian de l'avenue, la Kodály körönd, a sa propre note dérangeante : durant la période des Croix fléchées, elle fut brièvement rebaptisée en l'honneur d'Adolf Hitler, avant de retrouver son nom après la guerre, puis d'être nommée en hommage au compositeur Zoltán Kodály, qui vécut sur cette place pendant des décennies. Le compositeur Franz Liszt passa ses dernières années au numéro 67 de l'avenue Andrássy, à quelques pas de l'académie de musique qui porte aujourd'hui son nom.

Bon à savoir

L'avenue Andrássy s'étend sur 2,3 kilomètres en ligne droite depuis le centre-ville jusqu'à la place des Héros et au parc municipal, une promenade aisée de 30 à 45 minutes sans arrêt, même si la plupart des visiteurs y passent bien plus de temps une fois que l'Opéra, la Maison de la Terreur et l'Académie Franz Liszt commencent à les attirer hors du trottoir. Comme la ligne de métro M1 longe la quasi-totalité du parcours en sous-sol, avec des arrêts tous les quelques centaines de mètres, il n'est pas nécessaire de la parcourir d'un bout à l'autre à pied — montez pour un tronçon et descendez où se trouve le prochain site, ou empruntez-la simplement pour le plaisir de rouler sur la plus ancienne ligne de métro d'Europe continentale.

L'avenue elle-même est une voie publique, ouverte en permanence et libre d'accès, même si certains bâtiments qui la bordent — l'Opéra, la Maison de la Terreur, l'Académie Liszt — demandent un billet d'entrée séparé pour les visites ou les représentations. Il est plus simple de la combiner avec la place des Héros et le parc municipal à une extrémité, ou avec la basilique Saint-Étienne et le Danube à l'autre, plutôt que de la considérer comme une étape isolée.